Notre Bois du Roi

 

Aux deux extrêmes, cette nouvelle section « Pony motricité » (très jeunes enfants) et les compétiteurs du niveau national (international même) les uns et les autres aux pratiques, aux objectifs si différents nouent-ils des liens ?

Bois du Roi ne reçoit pas un centime de subvention directe ou indirecte. Les pouvoirs publics ne s'intéressant que de très loin à l'équitation, nous ne comptons que sur nos recettes propres.
C'est à dire sur les ressources que vous confiez au manège.

Notre école dispose d'un vaste domaine, et d'installations aussi fonctionnelles que variées.
La nombreuse cavalerie, d'une qualité très supérieure à la moyenne, peut-être la meilleure du pays, offre de multiples possibilités ! La sellerie est excellente. L'enseignement sérieux et bien conçu va jusqu'au niveau
3e degré ou compétitions nationales. La plupart des séances durent 75' au lieu de 60' habituellement.
Tout cela coute environ 1000 € par jour, l'ensemble des frais compris. Trois cent soixante-cinq mille euros par an !

Quel propriétaire n'a pas un jour d'hiver regretté de ne pouvoir monter dans le manège un mercredi ou un vendredi soir ? « Trop de leçons » peut-il se dire . En effet il semble si commode pour lui de jouir des installations en toute liberté… Mais cela impliquerait évidemment la disparition de l'école. Economiquement est-ce possible ?
On l'a vu, le fonctionnement de notre maison nécessite un apport de 365 000 € par an. Quel calcul pour le prix d'une pension si Bois du Roi devenait exclusivement une écurie de propriétaires ?
Les stalles transformées, nous disposerions de 55 boxes. On récupère 22 000 € grâce aux bouches en moins à nourrir. Répartissons 365 000 – 22 000, soit 343 000 en 55 parties.
343 000 divisé par 55, soit 6 236 € par an. Ce qui donne par moi, 6 236 : 12, soit 519,6 € de pension. Ceci en supposant un taux d'occupation de 100 % ! D'autres conséquences surviendraient. Outre une cafeteria abandonnée la plupart du temps, il n'y aurait plus de renouvellement naturel des pensionnaires, puisque l'école recrute les nouveaux élèves qui, plus tard, acquièrent parfois leur propre monture. Or, nous serions tenus de trouver 25 propriétaires supplémentaires…
Et notre belle animation, toute la vie du manège ? Que deviendrait cela ? Bois du Roi un désert les trois quarts du temps ?

Bref, une idée irréalisable, un délire.

Mais pourrait-on, à l'inverse se passer des propriétaires ?
Les pensions apportent environ 30 % des recettes. En moyenne (y compris ceux qui montent un seul stage par exemple) un membre cotise à concurrence de 500 € par an. La comptabilité s'établit rapidement. Il faudrait une prodigieuse augmentation de 240 pratiquants pour joindre les deux bouts !
Un autre délire !
Et puis comment évoluerait le rang équestre de notre maison ? Car, sauf quelques belles exceptions, la plupart des cavaliers de bon niveau possèdent leur cheval personnel…
Ainsi, par tous les aspects, les deux activités principales de Bois du Roi sont intimement interdépendantes.
Solidaires, elles existent l'une par l'autre.


Pour tous, du plus modeste au plus confirmé, des plus jeunes aux plus anciens, cette association constitue une valeur et un soutien.
Que seraient devenus nos compétiteurs à succès seuls dans leur coin ? Bien entendu ils montrent des qualités et ils travaillent, mais les moniteurs, l'esprit d'émulation et d'entraide ont joué un grand rôle pour les propulser.

Cultiver la solidarité passe par la connaissance des autres et des rouages de notre maison.

La section poney shetland par exemple, loin d'être négligeable est essentielle pour l'économie du site et donc pour le bien-être de tous, car sans argent pas d'installation en ordre, pas suffisamment de paille, etc. Et sans les cavaliers de 5 à 9 ans, impossible de former les confirmés de demain.
A l'inverse, comme il est désolant que certains parents (et parfois les personnes qui ne viennent qu'une fois par semaine) n'aient d'yeux que pour leurs petits bouts (ou leur nombril), ne voyant rien d'autre, ne cherchant à rien saisir d'autre. Notamment, que les cavaliers expérimentés ont trimé dur pendant des années pour maitriser leur sujet ! Qu'ils cultivent un état d'esprit favorable au travail de leur cheval. Ils méritent le respect ! Si ce n'est les admirer, il faut les observer, ne serait-ce que pour anticiper le futur équestre de tous ceux qui veulent progresser.


Au contraire du cloisonnement, quand chacun essaye de comprendre les besoins des autres, de les ressentir, on se sent mieux.

On aimerait tous les membres de Bois du Roi satisfaits… d'avoir donné. Nous bénéficions d'un certain contentement grâce à ceux qui coopèrent au bien-être de la collectivité par le temps et l'énergie qu'il y consacre. On pense à ceux qui mettent la main à la pâte lors des manifestations spéciales, et aussi aux moniteurs, aux aidants, aux travailleurs du samedi, à ceux qui balaient une allée ou qui nourrissent, à ceux qui aident un quart d'heure ou une journée pour toute sorte de tâches, à ceux qui ramassent un crottin qui traine ou qui racle la douche, à ceux qui rendent service au bar, à ceux qui apportent leur soutien à un débutant, etc.…Etc.… Tous ceux-là sont la crème et la substance de Bois du Roi.

Les plus petits, les moins chevronnés ont besoin de l'expérience des bons cavaliers.
En pratique un geste d'appui ponctuel vis-à-vis des novices doit rester l'habitude. Mais les confirmés, appellent aussi à la rescousse. Par exemple, un compétiteur qui prépare une épreuve de dressage sur un rectangle 60 x 20 ou un parcours de 12 efforts éprouve parfois la nécessité qu'on lui prête main-forte pour monter et démonter le matériel.


Toutes ces interactions, économiques, sociales et sportives, contribuent à hisser le niveau équestre de tous... et à cultiver une façon de vivre à laquelle tous ceux qui aiment Bois du Roi sont très attachés.

Michel Lequarré

 

 

 

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Mise à jour : 19-oct-08 ]